Gros coup de cœur pour Fatima et Good luck Algéria

Un peu par hasard j’ai eu l’occasion de regarder ces deux films la semaine dernière et j’y ai vu des similitudes.

Fatima écrit et réalisé par Philippe Faucon. Il s’est inspiré pour ce film des ouvrages de Fatima Elayoubi, Prière à la lune et Enfin, je peux marcher seule. 

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Fatima est une femme invisible aux yeux de la société française. Elle vit dans un quartier en difficulté, elle  enchaîne les heures de ménage, la nuit, le jour pour pouvoir éduquer ses filles du mieux qu’elle peut et plus particulièrement pour aider financièrement son aînée qui est en première année de médecine.

Good Luck Algeria de Farid Bentoumi. Il s’agit d’une comédie inspirée d’une histoire vraie. Samir fabrique des skis de fond en bois mais sa boîte est au bord de la faillite, alors son associé a une idée pour promouvoir leurs skis, ils vont participer aux jeux olympiques. Enfin ils, plutôt Samir sous le drapeau algérien. Cette bonne blague se transforme en un challenge personnel, familial, en une introspection sur la voie de l’intégration.

Afficher l'image d'origineD’abord ce sont des films qui évoquent bien évidemment la question de l’intégration plutôt réussie dans les deux cas, de la deuxième génération, comme on dit. Pour Samir, elle est parfaitement réussie et pour Mesrine, la fille aînée de Fatima, excellente élève  entrant en première année de médecine, elle a commencé à prendre l’ascenseur social représenté par l’école. Ils mettent en évidence qu’indéniablement cette deuxième génération est aussi la société française et que le bilan est plus positif que négatif. Même si c’est dur même si les a priori, les stéréotypes sont encore présents, ils ont envie de réussir et non pas pour prouver qu’ils peuvent le faire en tant qu’immigré ou fils ou fille d’immigrés mais pour eux, pour leurs parents, leurs enfants, leurs familles parce que cette idée de transmettre à ces enfants ce qu’il y a de meilleur, elle est universelle et c’est là que ces films m’ont touchée.

Dans les deux cas, les parents ont fait le choix de l’immigration parce qu’ils pensaient que c’était la meilleure chose à faire pour réussir et pour donner à leurs enfants la chance de faire mieux qu’eux. Ces parents, ils sont encore très attachés à leurs origines et c’est normal, par la terre pour le père de Samir dans Good Luck Algeria, par la langue pour Fatima qu’elle continue de pratiquer et de belle manière puisqu’elle écrit et ils voient bien que chez leurs enfants ces origines, elles se font plus lointaines, que ce n’est pas leur préoccupation. Ils ne sont pas forcément à l’aise du coup pour en parler avec leurs enfants. Du côté des enfants, ils ont la pression de réussir parce qu’ils savent que le sacrifice est grand pour les parents, qu’ils ne doivent pas les décevoir. Voilà c’est cette relation, ce passage d’une génération à l’autre, de la transmission d’un héritage qu’il s’agit. Qu’est qu’on donne à ses enfants et qu’est ce qu’ils en font? C’est bien cette question qui est aussi posée et qui résonne aussi en chacun de nous. Comment les accompagne-t-on dans leur projet parce que parfois ce qu’on a prévu n’est pas ce qu’ils attendaient?

Je vous conseille donc de vous plonger dans une salle obscure pour encore profiter de ces deux films tant qu’il est encore temps.

 

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