lecture d’été, lecture d’enseignants?

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Salut, je vous donne de mes nouvelles par la présentation de deux romans que j’avais lus l’été dernier. Ils concernent le métier d’enseignant. A croire que je suis droguée, quand je ne vois plus d’élèves, plus de collègues, j’en redemande en lecture.

Pour ceux qui n’ont pas aimé Entre les murs de Bégaudeau, passez votre chemin, on est un peu dans la même veine: même cadre spatial et temporel: une classe, une année scolaire mais je suis toujours un peu curieuse de ce genre de littérature.

Pour le premier, Jours tranquilles d’un prof de banlieue, chez Grasset. il s’agit des chroniques d’un professeur d’histoire-géographie dans un lycée de banlieue parisienne. Il est à sept jours de sa mutation dans le sud et là il décide de raconter toutes les anecdotes qu’il a vécues. Tout y passe, les tentatives pédagogiques, celles qui réussissent et celles qui échouent, les élèves bien sur, les pénibles, les attachants, les blagueurs, les intelligents,…Les collègues: ceux qui s’en foutent, ceux qu’il considère « du politburo », ceux avec qui on devient amis parce qu’il en faut pour tenir dans une salle des profs, dans un établissement dit difficile. Il n’épargne pas non plus l’administration, les aberrations des BO, les formations débiles… il y a d’ailleurs deux trois pages sur la présentation de l’espace personnel numérique de chaque élève sur le site de l’Onisep où l’élève modèle accompagné de son professeur principal modèle doit inscrire ses recherches, ses fiches métiers, ses stages, son parcours d’orientation. Je m’étais permis une blague de mauvais goût, en disant que cet outil pouvait peut être ensuite être utilisé par pôle emploi, mais dans tous les cas elle était aussi absurde que la formation à laquelle j’assistais. Le directeur du CIO (pour les non initiés le centre d’information et d’orientation, je m’arrête là, je suis très sévère avec eux) de l’époque m’avait d’ailleurs rétorqué que c’était facile quand on avait la sécurité de l’emploi. Bienveillance, bienveillance j’entends ton nom,!! Les préjugés sont coriaces même au sein de la maison.

C’est un livre dans lequel on se retrouve un petit peu voir beaucoup et qui se lit rapidement, avec lequel on sourit rapidement, une bonne lecture de voyage en train par exemple.

Quant à Des plumes et du goudron de C Desmurger aux éditions fayard c’est différent, la thématique est la même: un jeune enseignant néo-titulaire, prêt à braver une horde d’enfants, à enseigner les rudiments de mathématiques et de français, armé par l’IUFM. Il sommeille un hussard de la république au fond de chaque enseignant, j’en suis persuadée. Seulement ça ne marche pas, faut-il être gentil, méchant? exigeant, cool? impliquer les parents ou pas? parler de ses difficultés à ses collègues? Toutes ces questions qu’on se pose la première année et les autres d’ailleurs sont soulevées avec humour mais aussi gravité. La fin est surprenante et m’a beaucoup plu. Il pose effectivement la question pour moi essentielle, jusqu’où on peut intervenir dans la vie d’un élève? Pour la plupart sans doute notre rôle s’arrête à la porte du collège mais parfois pour les autres, l’école fonctionne, elle permet aux enfants de développer une résilience face à leur vie, incroyable et c’est en cela que c’est sans doute, l’enseignement est  l’un des plus beaux métiers malgré son manque de crédit toujours plus grand.

Des deux ouvrages, c’est ce dernier que je conseille le plus, justement parce qu’il questionne beaucoup sur l’avenir de cette profession et c’est un avis tout à fait personnel mais je pense que le questionnement permanent et le doute est la clé de notre réussite dans ce métier.

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